Pour l’amour des dieux

Pour l'amour des dieux

Vous connaissez tous l’histoire de Pénélope qui attend Ulysse parti à la guerre et sa tapisserie qu’elle tisse et détisse pour mettre à distance les prétendants ? Mais que se passe-t-il ensuite ? “Pour l’amour des dieux” parle de malédiction, de vengeance, d’amour, de la cruauté des dieux, de courage, et de sacrifice. Voici une épopée mythologique où les personnages principaux sont des femmes prêtes à tout pour sauver les filles d’Ithaque.

Un grand merci à Babelio et Casterman pour ce roman reçu lors de la dernière masse critique jeunesse ! Vous pouvez retrouver “pour l’amour des dieux” en librairie depuis le 13 mars 2024.

L’histoire

Le royaume d’Ithaque est maudit. Depuis des siècles, tous les printemps, Ithaque doit sacrifier douze jeunes filles marquées par Poséidon (pendues puis jetées à la mer.) C’est le seul moyen de calmer la colère du dieu. Il n’y a aucun échappatoire car la mer vient récupérer les élues qu’on a cherché à lui soustraire. Leto, fille d’une Oracle royale, a la marque. Elle ne peut pas échapper à la mort, elle sera pendue avec les autres. Mais Leto se réveille sur une île oubliée de tous auprès de Mélantho, une immortelle qui sait commander à la mer. Cette dernière lui apprend que pour sauver les jeunes filles d’Ithaque et mettre fin à la malédiction il faut tuer le prince.


Retour de lecture

“Pour l’amour des dieux” ne développe pas un épisode mythologique connu ni ne place des personnages mythologiques dans notre monde moderne (ce genre de choses.) Il met en scène un épisode créé qui se déroule plusieurs siècles après d’autres événements déjà racontés comme si ce qui se passait autrefois était un événement réel du passé. C’est un développement que j’ai bien apprécié. J’ai commencé à ne plus vouloir lâcher le roman une fois que nous sommes au palais avec le prince Mathias et la mise en place des tentatives pour le tuer (et surtout, le développement des relations interpersonnelles… pas facile de tuer quand la victime est sympa. Ce problème soulève des questions… qui m’ont plu.)

Pour l’amour des dieux : des relations compliquées avec les dieux

La mythologie gréco-romaine montre bien que les dieux ont des personnalités qui leur sont propres, égoïstes, jalouses, despotiques etc. Être confronté à un dieu n’est pas toujours une bonne chose. Les personnages qui sont punis par les dieux ne se comptent pas sur les doigts de la main tellement ils sont nombreux. Et beaucoup d’entre eux n’ont pas cherché cette punition ou ne la méritaient pas.

J’ai trouvé que cet aspect de la mythologie était bien rendu dans “pour l’amour des dieux”. Poséidon est responsable de cette malédiction qui condamne tous les ans douze jeunes filles. Et quand on apprend les raisons de cette malédiction… je ne le révèlerai pas mais ça en dit beaucoup.

Les héroïnes de cet épisode ne cherchent pas à combattre un monstre et montrer à quel point elles sont fortes, puissantes ou intelligentes (comme font la plupart des héros.) Elles cherchent à mettre fin à la malédiction pour que les morts cessent. Elles espèrent ainsi sauver des milliers de jeunes filles.

Les relations entre les personnages

C’est un aspect qui m’a beaucoup plu dans “pour l’amour des dieux”. D’abord Leto et Mélantho qui apprennent à se connaître sur l’île. La seconde jeune femme entraîne et prépare la première pour qu’elle soit prête à accomplir sa mission : tuer Mathias, le prince d’Ithaque. Se noue entre elles une certaine proximité. Je ne vais pas développer, je vous laisserai découvrir.

Il faut donc tuer Mathias. Tout serait si simple si Mathias était un sale type, une ordure qui mérite de mourir. Or (et ce sera ma seule révélation) ce n’est pas le cas. Lui-même trouve cette malédiction injuste et en est un dommage collatéral. Pas facile pour les héroïnes de mettre fin à sa vie et pas facile pour le lecteur qui peut s’attacher à ce personnage.

C’est là que les enjeux sont importants : sauver la vie d’un individu qui mérite de vivre mais condamner des milliers de jeunes filles qui n’ont rien demandé et qui méritent aussi très certainement de vivre (mais qu’on ne connaît pas), ou tuer ce jeune homme et sauver les autres ? Je n’en dirai pas plus…

Le conseil de la bibliothécaire

“Pour l’amour des dieux” est annoncé par l’éditeur à partir de 13 ans. Il peut très bien se lire par un adulte également. Je pourrai le conseiller à tous ceux et toutes celles qui aiment la mythologie gréco-romaine (pas très original comme conseil, je sais ^^.) Mais aussi aux amateurs de romance LGBTQ+ ou à ceux qui aiment voir des personnages féminins qui cherchent à briser les chaines imposées. Si vous aimez l’idée d’un épisode mythologique, proche des mythes d’autrefois, mais avec des héroïnes et non des héros, je peux aussi vous conseiller : La dernière amazone.

Retrouvez “pour l’amour des dieux” et les autres romans des éditions Casterman romans sur leur site : pour l’amour des dieux.

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